Le calendrier julien
Le calendrier julien, instauré par Jules César en 45 av. J.-C., retarde aujourd’hui de 13 jours sur le calendrier grégorien : son 25 décembre tombe le 7 janvier, d’où le Noël orthodoxe. Pâques orthodoxe suit le même comput dans ce calendrier et tombe le dimanche 2 mai 2027 en 2027, 5 semaines après Pâques catholique.
Une réforme de 46 av. J.-C. qui a duré 1 600 ans
Le calendrier romain républicain, lunaire à l’origine, était devenu inutilisable : les pontifes ajoutaient ou non un mois intercalaire selon des considérations politiques, et l’année 46 av. J.-C. dut compter 445 jours (« l’année de la confusion ») pour remettre les saisons en place. Jules César, conseillé par Sosigène d’Alexandrie, impose à partir du 1er janvier 45 av. J.-C. une année solaire de 365 jours avec un jour intercalaire tous les 4 ans. Après une erreur d’application (les pontifes intercalèrent tous les 3 ans jusqu’à ce qu’Auguste corrige en 8 av. J.-C.), le système fonctionne sans interruption jusqu’en 1582, et jusqu’à aujourd’hui dans les Églises orthodoxes.
L’écart avec le grégorien : 13 jours depuis le 1er mars 1900
L’année julienne de 365,25 jours dépasse l’année tropique (365,2422 j) de 0,0078 jour, soit 11 min 14 s ; l’écart atteint 1 jour tous les 128 ans. Le grégorien saute 3 jours par 400 ans, et l’écart entre les deux calendriers croît donc d’un jour à chaque année séculaire non divisible par 400 : 10 jours en 1582, 11 à partir du 1er mars 1700, 12 à partir du 1er mars 1800, 13 à partir du 1er mars 1900. L’an 2000 étant bissextile dans les deux systèmes, l’écart reste à 13 jours jusqu’au 28 février 2100 ; il passera à 14 jours le 1er mars 2100. Formule : écart = siècle − siècle div 4 − 2, où « siècle » est le numéro de siècle grégorien (20 pour 2027 : 20 − 5 − 2 = 13).
Application : le 25 décembre julien tombe le 7 janvier grégorien, ce qui explique le Noël orthodoxe du 7 janvier en Russie, en Serbie, en Géorgie, en Éthiopie ou à Jérusalem. Les Églises grecque, roumaine ou bulgare ont adopté en 1923 le calendrier « julien révisé » pour les fêtes fixes (Noël le 25 décembre) tout en gardant le julien pour Pâques. La révolution d’Octobre 1917 eut lieu le 7 novembre grégorien ; la Russie n’adopta le grégorien que le 14 février 1918 (lendemain du 31 janvier).
Pâques orthodoxe 2024-2030 calculée
Méthode : algorithme de Pâques julien de Meeus (« Astronomical Algorithms », chap. 8) qui donne la date dans le calendrier julien, puis ajout de 13 jours pour l’exprimer en grégorien. Pour 2027 : a = 2027 mod 4 = 3, b = 2027 mod 7 = 4, c = 2027 mod 19 = 13, d = (19c + 15) mod 30 = 22, e = (2a + 4b − d + 34) mod 7 = 6, mois = (d + e + 114) div 31 = 4, jour = (d + e + 114) mod 31 + 1 = 19 : 19 avril julien, soit le dimanche 2 mai 2027.
| Année | Pâques julienne | Pâques orthodoxe (grégorien) | Pâques catholique | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 2024 | 22 avril (julien) | Dimanche 5 mai 2024 | Dimanche 31 mars 2024 | +35 jours |
| 2025 | 7 avril (julien) | Dimanche 20 avril 2025 | Dimanche 20 avril 2025 | même jour |
| 2026 | 30 mars (julien) | Dimanche 12 avril 2026 | Dimanche 5 avril 2026 | +7 jours |
| 2027 | 19 avril (julien) | Dimanche 2 mai 2027 | Dimanche 28 mars 2027 | +35 jours |
| 2028 | 3 avril (julien) | Dimanche 16 avril 2028 | Dimanche 16 avril 2028 | même jour |
| 2029 | 26 mars (julien) | Dimanche 8 avril 2029 | Dimanche 1er avril 2029 | +7 jours |
| 2030 | 15 avril (julien) | Dimanche 28 avril 2030 | Dimanche 21 avril 2030 | +7 jours |
Les écarts observés sont toujours 0, 1, 4 ou 5 semaines : 0 quand les deux computs désignent la même pleine lune et le même dimanche (2025, 2028), 1 semaine quand la pleine lune julienne, en retard de 4 à 5 jours sur la grégorienne, saute au dimanche suivant, 4 ou 5 semaines quand elle bascule sur la lunaison suivante parce que l’équinoxe julien (21 mars julien = 3 avril grégorien) tombe après la pleine lune grégorienne.
Erreurs fréquentes
- Ajouter 13 jours à toute date historique. L’écart dépend du siècle : 10 jours pour un document anglais de 1600, 11 pour 1750, 12 pour 1850.
- Confondre « julien » et « jour julien ». Le jour julien des astronomes (JJ 2 461 281 pour le vendredi 28 août 2026 à 12 h TU, calcul :
ephem.julian_date) est un comptage continu depuis le 1er janvier −4712, nommé d’après Julius Scaliger, sans lien avec César. - Croire que la Russie fête Noël « en retard » : elle le fête bien le 25 décembre, mais de son calendrier.
Tableau récapitulatif
| Élément | Julien | Grégorien |
|---|---|---|
| Instauration | 1er janvier 45 av. J.-C. | 15 octobre 1582 |
| Bissextile | tous les 4 ans | tous les 4 ans sauf séculaires non divisibles par 400 |
| Année moyenne | 365,25 j | 365,2425 j |
| Dérive | 1 jour / 128 ans | 1 jour / 3 300 ans |
| Noël | 7 janvier grégorien | 25 décembre |
| Usage actuel | Églises orthodoxes (Pâques, et fêtes fixes en Russie, Serbie…) | calendrier civil mondial |
Voir aussi : Le calendrier grégorien, Calcul de la date de Pâques, Année bissextile, Pâques 2027, Noël 2027, Calendrier janvier 2027.
Questions fréquentes
Pourquoi Noël orthodoxe est-il le 7 janvier ?
Parce que les Églises russe, serbe, géorgienne ou de Jérusalem gardent le calendrier julien, qui retarde de 13 jours : leur 25 décembre correspond au 7 janvier grégorien. Cela restera vrai jusqu’en 2100, puis ce sera le 8 janvier.
Quand l’écart passera-t-il à 14 jours ?
Le 1er mars 2100 : l’année 2100 est bissextile dans le calendrier julien mais pas dans le grégorien.
Quand tombe Pâques orthodoxe en 2027 et 2028 ?
Le dimanche 2 mai 2027 et le dimanche 16 avril 2028 ; en 2028, la date coïncide avec Pâques catholique.
Quels pays utilisent encore le calendrier julien ?
Aucun État pour l’usage civil. Il subsiste dans les Églises orthodoxes (Russie, Serbie, Géorgie, Macédoine, Jérusalem, mont Athos) et, pour Pâques seulement, dans les Églises ayant adopté le julien révisé en 1923 (Grèce, Roumanie, Bulgarie).
Sources : Jean Meeus, « Astronomical Algorithms », Willmann-Bell, 2e éd. 1998, chap. 8 (Pâques julienne) ; IMCCE, « Les calendriers julien et grégorien » ; Jean Lefort, « La saga des calendriers », Belin, 1998 ; Nachum Dershowitz et Edward Reingold, « Calendrical Calculations », 4e éd. 2018, chap. 3.